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Les secrets des start-ups françaises à succès : Découvrez BlaBlaCar !

Les secrets des start-ups françaises à succès : Découvrez BlaBlaCar !

Retrouvez chaque semaine dans le blog de Sowefund les secrets des start-ups françaises qui font l’histoire !

Et la start-up de la semaine est… BlaBlaCar !

Anciennement Covoiturage.fr, la start-up BlaBlaCar, fondée en 2008 par Frédéric Mazzella, est devenue la référence du covoiturage en Europe. Premier site de covoiturage le plus utilisé par les Français dès 2008, BlaBlaCar  a depuis peu à peu conquis les Européens, et compte bien poursuivre son expansion à l’international, notamment grâce à une stratégie de développement offensive : aujourd’hui, la start-up emploie 290 salariés sur trois continents, et compte 20 millions d’utilisateurs dans 19 pays différents ! Décortiquons ensemble les secrets de cette start-up française à l’avenir prometteur.

BlaBlaCar, ou la révolution du covoiturage

Le constat : Le mouvement de l’économie collaborative, qui privilégie le partage à l’égoïsme, la valeur d’usage à la valeur de propriété, la solidarité à l’individualisme, est en plein essor. L’industrie du transport n’échappe pas à la règle. Elle a même fait partie des secteurs pionniers en la matière. Et rien de moins étonnant lorsqu’on compare les prix minimum d’un aller-retour Paris-Lyon à la même date avec différents moyens de locomotion : 122 euros en train, 198 euros en avion… A ce tarif, tout le monde ne peut pas s’offrir un week-end dans la capitale gastronomique. Il était donc temps d’inventer un nouveau modèle de transport plus efficace économiquement et énergétiquement.

La réponse de BlaBlaCar : Avec le covoiturage, votre aller-retour Paris-Lyon vous coûte 58 euros, soit moins qu’un aller simple en train ! Vous profitez qui plus est de la convivialité d’une rencontre 100% sécurisée, grâce aux commentaires postés par les membres de la communauté sur la plateforme.

BlablaCar start-up Sowefund

Focus sur l’entreprise : comment fonctionne BlaBlaCar ?

Quelques éléments d’histoire : C’est en Décembre 2003 que Frédéric Mazzella, alors chercheur à la NASA après un parcours ultra-élitiste dans les meilleures écoles et universités mondiales (ENS Ulm, Stanford, INSEAD), et Géo Trouvetou à ses heures, déniche son idée de génie : en rentrant retrouver sa famille en Vendée, il se voit contraint de prendre le seul train disponible, à 5H du matin, pour un coût global du voyage de 115 euros. Un gaspillage, se dit-il, surtout lorsqu’on s’aperçoit que les voitures, elles, sont vides.

Très vite, l’idée germe, et il crée une plateforme, d’abord baptisée Covoiturage.fr, puis renommée BlaBlaCar quelques années plus tard, par souci d’harmonisation internationale.

Le covoiturage, Frédéric Mazzella y croit dès le départ. Mais c’est loin d’être le cas pour tout le monde : il doit attendre jusqu’en Janvier 2009 pour embaucher son premier salarié, et pour que la plateforme commence enfin à montrer les premiers signes de décollage. Sans doute la raison pour laquelle l’échec fait partie des valeurs de référence de la société, à travers le slogan Fail, Learn, Success.

L’offre de BlaBlaCar : BlaBlaCar est un service de mise en relation entre usagers non véhiculés et conducteurs équipés d’une voiture. Le principe est simple : vous rentrez votre ville de départ et votre destination et tombez directement sur les différentes offres des conducteurs, avec les prix associés au voyage. Ce sont les conducteurs qui fixent les prix, à cela près que le tarif d’un trajet est plafonné à 1,5 fois le prix conseillé par BlaBlaCar, soit 1,5 * (essence + péage)/3 (sur une base de trois passagers). Chaque profil de conducteur est commenté par les précédents usagers sur la plateforme, si bien que le risque de mauvaise rencontre est quasi-inexistant.

Le business model : BlaBlaCar se rémunère en prélevant 20% du prix pour chaque trajet. Une commission qui pourrait paraître confortable, mais Frédéric Mazzella confiait en Septembre dernier que BlaBlaCar était encore loin d’être rentable, du fait d’investissements réguliers pour améliorer le service et assurer la croissance externe.

Le financement : BlaBlaCar n’en est pas à sa première levée de fonds : c’est le fonds d’investissement ISAI (fondé notamment par Pierre Kosciusko-Morizet) qui croit le premier en ce projet, et le dote d’1,25 million d’euros en 2010. Puis BlaBlaCar lève 7,5 millions d’euros en 2012 auprès de 3 fonds d’investissement dont ISAI, afin de financer le développement de ses activités en Europe. Enfin, en Juillet 2014, la société lève 100 millions de dollars (un record !) auprès d’Index Ventures, dans le but de s’arroger la place de leader mondial du covoiturage. Ces fonds lui permettent, entre autres, de racheter ses principaux concurrents européens, l’allemand Carpooling et le hongrois Autohop, et de débuter son expansion en Inde, et sur le continent américain, avec le rachat récent du mexicain Rides. On n’arrête plus BlaBlaCar !

La valeur ajoutée, ou pourquoi ça marche : Réaliser des économies en contribuant à l’allègement du trafic et à la réduction de la pollution, tout cela en partageant en plus un moment de convivialité avec un inconnu ? Qui serait contre le concept ? Au delà de son idée simple mais efficace, BlaBlaCar a adopté une stratégie de conquête offensive, ce qui en fait l’une des start-ups françaises les plus prometteuses de sa génération. Par ailleurs, les méthodes de management adoptées par l’équipe dirigeante semblent efficaces : favoriser l’autonomie des salariés pour leur permettre de prendre des décisions rapidement sans solliciter l’autorité d’un supérieur, et fonder cette autonomie sur un management basé sur la motivation, sur un socle de valeurs fortes et sur des méthodes de responsabilisation de l’employé par rapport au reste du groupe.

blablacar covoiturage sowefund

La stratégie gagnante de BlaBlaCar – les points clés à retenir

  • Etre un pionnier, et croire en son idée : c’est typiquement le cas de Frédéric Mazzella, qui a tout lâché pour fonder un société en laquelle personne ne croyait ;
  • Savoir tirer parti de ses échecs et rebondir : Fail, Learn, Success, une conception très américaine de l’échec qui consiste à dire qu’échouer n’est pas une fin en soi, mais au contraire une opportunité de démontrer sa capacité à surmonter les difficultés ;
  • Impliquer les employés pour mieux innover :  chez BlaBlaCar, le recrutement s’effectue sur le partage des valeurs : Fun & Serious ; We are pasionnate, we innovate ; Done is better than perfect ; The member is the boss, et d’autres. L’intégration des nouveaux employés repose sur les blablabreaks, des évènements festifs mensuels destinés à favoriser la cohésion de l’équipe ;
  • Croire en sa vision : « Nous irons vite et loin. » Frédéric Mazella en Mars dernier.

Ah oui, j’oubliais : Frédéric Mazella est pianiste, aussi.

 

Ecrit par Capucine Marteau le 6 Mai 2015