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Le crowdfunding en France : La foule est-elle toujours reine ?

Le crowdfunding en France : La foule est-elle toujours reine ?

Mi-janvier, KPMG et l’association Finance Participatif France publiaient leur baromètre 2017 du crowdfunding et revenaient en détail sur la croissance de chacune des typologies de la finance alternative.

Si l’activité en général fait mieux en terme de croissance qu’en 2016 (44% en 2017 contre 40% en 2016), le don et l’investissement marquent le pas.

Le crowdfunding don : une activité à la croissance limitée par essence.

Le crowdfunding don est certainement la typologie la plus connue du grand public mais elle n’est pas pour autant celle qui génère le plus de fonds collectés. Comme son nom l’indique, le don ne produit pas de rentabilité et ne peut être récompensé par des contrepartis financières. Les projets financés sur les plateformes de dons visent donc un public restreint composé en majorité de proches des porteurs de projets. Même si certaines plateformes proposent des récompenses pour les donateurs, elles ne constituent pas une motivation suffisante pour attirer une audience beaucoup plus large. L’essence même de cette branche du crowdfunding semble donc à l’origine du ralentissement de sa croissance (20% en 2017 contre 37% en 2016 ).

Pas d’inquiétude pour autant pour les acteurs actuels: si le marché paraît de plus en plus  mature et limite ainsi le nombre de nouveaux entrants, les projets devraient continuer à mobiliser des donateurs qui n’agissent pas par intérêt financier.

Le crowdlending redistribue les cartes de l’épargne française.

Au regard de l’évolution des différentes branches du financement participatif ces dernières années, il semblerait que les français soient plus enclins à prêter (surtout lorsque c’est rémunéré !) qu’à donner.

Les chiffres en témoignent : 46% de croissance en 2016, 102 % en 2017 pour un total de presque 200 millions collectés.  Le crowdlending attire de plus en plus d’épargnants qui voient dans cette alternative aux services bancaires un moyen d’augmenter leurs rendements tout en finançant l’économie réelle. Les plateformes affichent des taux d’intérêt largement supérieurs à ceux des banques et promettent des placements de moins en moins risqués tant que l’épargne reste diversifiée.

Nous verrons si cette belle dynamique se poursuit en 2018.

Le crowdequity, victime de l’annonce de la loi finance 2018 ?  

L’investissement participatif est la branche la plus méconnue du crowdfunding. Il s’agit pour un investisseur de financer une société ou un projet en l’échange de parts dans ces derniers.  Attirante et intrigante cette activité connaît paradoxalement sa première année difficile depuis son apparition alors même que les projets sélectionnés sont de plus en plus pertinents et les plateformes de plus en plus fonctionnelles : -15% de croissance en 2017 contre +36% en 2016.

Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ces chiffres : L’annonce d’une nouvelle loi finance aurait-elle rendu les investisseurs plus frileux (suppression de l’ISF, prélèvement à la source, année blanche etc…) ? L’attractivité de ces nouveaux produits financiers serait-elle retombée ? Le peu de sorties effectué inquiéterait-il les investisseurs ? Les plateformes d’Equity  effectuaient-elles un pivot vers d’autres projets plus rentables à court terme ?

Bien sûr, ces hypothèses ne pourront être confirmées qu’en étudiant les tendances futures, mais les chiffres du crowdequity outre manche, qui représentait plus de 350 millions d’euros levés en 2015, rassurent les acteurs français quant au potentiel de marché de l’investissement participatif.

Considérer 2017 comme une année faste pour l’ensemble du crowdfunding français serait donc une erreur. Le financement participatif bénéficie de la traction des plateformes de prêt, et si la tendance à la baisse du crowdequity n’est pas forcément inquiétante, elle tempère l’enthousiasme ressenti à première vue.

Pour plus d’informations sur les chiffres du crowdfunding français en 2017 rendez-vous sur la page du baromètre.