Création de start-ups : Transformer l’essai avec le crowdfunding

Ce constat pourrait vous étonner, mais il est bien réel : la France est le pays du G7 qui accueille le plus de créations de start-ups, avec un taux de croissance annuel moyen de 4,5%, très loin devant ses concurrents européens et américains.

« La France à la traîne en matière d’innovation » titrent les journaux de tous bords à la publication du Global Innovation Index 2014, dans lequel la France se classe au 22e rang des pays les plus innovants. La France, terrain hostile aux start-ups innovantes? Rien n’est moins sûr… Contre toute attente, les Français sont les champions occidentaux de l’entrepreneuriat, avec une progression des créations d’entreprise atteignant 4 fois la moyenne des pays du G7, et 12 fois la moyenne américaine, selon une étude du réseau mondial d’audit RSM.

Ecosystème entrepreneurial, start-ups et innovation en France

Comment caractériser la dynamique entrepreneuriale en France ?

Contrairement aux idées reçues, la création de start-ups, ces jeunes entreprises à fort potentiel de croissance, progresse régulièrement en France, à des taux dignes de ceux des pays émergents, à faire pâlir d’envie le monde occidental : 0,4% de croissance des créations d’entreprises aux Etats-Unis et au Canada, 0,8% en moyenne pour les pays du G7, 4,5% en moyenne pour la France, et 5,8% en moyenne pour les BRICS ! Il apparaît en outre, d’après une récente étude de Coface, expert en assurance-crédit, que le taux de défaillance des start-ups du secteur des nouvelles technologies en France (2,25%) est légèrement en dessous de celui des jeunes entreprises françaises en général (2,54%).

Investir dans une start-up innovante serait donc moins risqué que d’investir dans une jeune entreprise classique ? C’est en tout cas le constat que corrobore un rapport du Ministère de la Recherche, estimant le taux de survie des start-ups à 85 à 90% après cinq ans d’existence, contre 70% pour l’ensemble des nouvelles entreprises. A ce stade, l’on pourrait croire que la France a tout pour voir émerger des champions nationaux.

Et pourtant ! On peine encore à retrouver ce dynamisme à la française au niveau international. Parmi les géants actuels de l’industrie, notamment technologique, on retrouve les fameux GAFA américains qui font tant parler d’eux (Google, Apple, Facebook, Amazon), le site de e-commerce chinois Alibaba, le concepteur américain de voiture électrique Tesla, entre autres, mais peu ou prou de Français dans la boucle.

Les start-ups françaises auraient-elles des difficultés à transformer l’essai ?

Des freins au développement des start-ups en France

Indéniablement, la dynamique des start-ups est bien présente en France, mais leur développement semble freiné par différents éléments relatifs non pas à la stratégie entrepreneuriale, mais ni même à la qualité de l’innovation, mais davantage à des questions culturelles et de financement.

L’étude de Coface préalablement mentionnée établit en effet un classement des pays les plus favorables au développement des start-ups. Elle repose sur 3 piliers jugés fondamentaux pour assurer le décollage des start-ups dans une zone cible : la formation, le financement et la culture entrepreneuriale. Sur les 15 pays analysés, la France fait figure de mauvais élève sur au moins deux des trois piliers.

Sur le plan de la formation, la France se situe dans le ventre mou, à la 7e place du classement. En effet, si certains éléments avantagent les Français en termes de formation (en moyenne, un niveau d’études relativement élevé comparé aux autres pays de l’OCDE, et un dispositif public de R&D important), d’autres remettent en question ces atouts : le système éducatif français est classé avant-dernier de l’OCDE, et la culture française tend à favoriser la recherche fondamentale, peu rémunératrice, au détriment d’une recherche appliquée à l’industrie.

Sur le plan du financement, la France atteint difficilement la 12e place du classement. Et cela s’explique aisément : le financement des étapes décisives de la vie d’une start-up par le capital risque reste largement insuffisant en France. Pour comprendre ce défaut de financement, analysons l’écosystème :

Concrètement, quels acteurs sont censés entrer en jeu à ce stade ?

  • Les business angels, qui jouent leur rôle, mais dont le nombre (8000 en France) n’est pas encore suffisant pour prendre en charge l’intégralité des start-ups prometteuses
  • Les venture capitalist, ou fonds de capital risque, dont seuls 1,9% interviennent dans les périodes cruciales pour le développement des start-ups en France, contre 7,9% en moyenne pour l’Union Européenne, et 12,4% pour l’Allemagne (sans parler des Etats-Unis, où les montants investis par les venture capitalist sont sans commune mesure avec les moyennes européennes)
  • Les banques, peu présentes pour les PME selon une étude récente réalisée par la Banque de France
  • Les plateformes de crowdlending ou de crowdequity comme Sowefund, qui constituent une véritable alternative en ces temps de pénurie, et dont l’essor récent laisse présager un avenir prometteur en France.

Enfin, sur le plan de la culture entrepreneuriale, la France se classe à la 13e place, du fait d’une aversion au risque encore trop présente chez les entrepreneurs potentiels. La peur très française de l’échec, largement véhiculée par le système éducatif, concerne 41% des Français, contre 31% des Américains, et 39% des Allemands. Il reste donc à transformer les mentalités pour favoriser l’esprit d’entreprise et la résilience des acteurs de l’Hexagone.

Pour terminer cet article sur une vision optimiste, notons que la tendance décrite pourrait bien se voir modifiée par l’arrivée sur le marché de nouvelles start-ups françaises prometteuses : Sigfox, le réseau de connectivité des objets, qui vient de lever 100 millions d’euros, ou encore Withings, qui conçoit des objets connectés (montres, balances, tensiomètres…). A nous tous de consolider cet écosystème naissant, en favorisant la rencontre entre start-ups et investisseurs, notamment par le biais du crowdfunding !

Ecrit par Capucine Marteau le 4 Mars 2015

2 Commentaires liés: “Création de start-ups : Transformer l’essai avec le crowdfunding

  1. Thomas AUBERT dit :

    Merci pour votre soutien jcobodji. A très bientôt sur Sowefund !

  2. jcobodji dit :

    Bel article au vu de l émission de ce dimanche sur l empire Google et du futur très prometteur de nos startup compte tenu des projets en cours. Merci pour ton éclairage sur sujet et tout mon soutien pour la suite.

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